
Dollhouse, c'était l'un des évènements de 2008. Le retour à la télévision de Monsieur Whedon, avec une de ses actrices fétiches, Eliza Dushku (Faith Lehane dans BTVS).
C'est le coeur battant que j'ai suivi les déboires en coulisses de la production des premiers épisodes, c'est le coeur menaçant de rompre ma poitrine que j'ai suivi la série, tous les samedi matins et après-midi (la série est diffusée le vendredi soir sur la FOX).
Dollhouse c'était la première série de mon Joss que j'avais l'occasion de suivre en direct, la première occasion de vivre enfin avec son oeuvre au rythme des diffusion et des risques d'annulation (ses autres séries, c'est sur M6 ou grâce à mon ami le net que j'ai pu les voir). Et regarder une série en quasi-direct des USA c'est tout à fait différent d'attendre la diffusion française, ou de regarder une série à l'époque où l'internet n'était pas autant entré dans les foyers. Le sentiment est d'une certaine manière grisante.
Mon mentor allait-il se révéler encore une fois à la hauteur des grandes attentes de sa fanbase? Allait-il me décevoir? Cette saison fut tout une aventure pour mon coeur de fan.
Synopsis: Dollhouse c'est une histoire simple. Eliza Dushku, chaque semaine, endosse le costume d'un fantasme masculin. Elle joue les espionnes, les call-girls, et quand elle n'est pas en mission, Eliza Dushku est bien inoffensive, soumise et souriante comme elle le doit.
Ah mince....Je me suis trompée. Ca, ça doit être le synopsis envoyé par la FOX aux personnes responsables de la campagne promo de la série.
Non pas que je sois si aigrie à l'encontre de la FOX sur cette campagne promo. Je ne l'ai pas aimée, c'est sûr. Mais comment vendre un concept pareil au téléspectateur moyen? C'est sûr, jouer sur le physique d'Eliza Dushku c'est plus vendeur que de jouer sur les questions morales et philosophiques véhiculées dans la série. A leur place, j'aurais sûrement opter pour une approche similaire (un peu moins sexuelle cependant). Le problème est que cette stratégie trompait les gens sur l'identité de la série, et la FOX, Joss et les téléspectateurs se sont un peu perdus là-dedans. En soi, la campagne promo n'a pas forcément fait de mal à la série. D'un côté c'était un moyen efficace comme un autre d'attirer un téléspectateur moyen donc pas très informé devant une nouvelle série. D'un autre côté, le téléspectateur mieux informé n'en a en général pas été dissuadé de découvrir la série, la marque Whedon faisant son effet, et les informations complémentaires l'intriguant sûrement plus que l'image donnée de la série. Le seul préjudice que je vois à cette campagne est peut-être son impact (voire pire) sur le public féminin moyen. Le vrai point noir de la série alors que j'estime qu'elle s'adresse plus à un public féminin. Même si les deux sexes peuvent s'y retrouver aisément.
Ainsi la série ne convenait peut-être pas à un public foxien. Elle aurait eu sa place pus aisément sur le câble. En particulier SyFy (ce nom, j'aurais toujours du mal...)....Mais contrat entre l'actrice et la chaîne oblige...
Voilà, j'ai abordé quelque peu les coulisses de la série. Un aspect intéressant à connaître, qui donne une certaine perspective mais que je préfère laisser de côté quand il en vient à parler des épisodes, du contenu en lui-même.
Il n'y aura rien d'original à ce que je dise que deux périodes sont à distinguer lors de la diffusion de la série. L'épisode 6, Man on the street en étant le tournant. Disons que la première partie de la saison (épisodes 1 à 5) constitue une jolie série B, et la seconde partie de la saison s'envole complètement... Bilan: cette année donc, Joss m'a fait peur, mais il a aussi confirmé que ma foi en lui et son équipe était bien placée. Si bien que maintenant, je me retourne sur les premiers épisodes avec un vrai plaisir, à la lumière de la suite. Sentiment pas si différent de celui que j'ai devant la première saison de Buffy.
C'est une première saison tâtonnante, mais qui ne ferme pas les yeux sur les questions morales qu'elle implique, un personnage ou un autre étant ici ou là l'étendard de l'éthique. C'est cependant dans la complexité morale que la série trouve son étincelle, elle pose des questions, (presque) toujours. Les réponses sont aussi là, mais multiples. Jamais de parti pris facile, jamais de condamnation gratuite ou de désinvolture révoltante dans une situation pleine de nuances, de complexité. Les personnages sont aussi de cette trempe,
Dollhouse se révèle donc être un petit bijou philosophique et gothique unique. Même dans le sort que la chaîne lui a accordé. Un renouvellement surprise et caractéristique des oeuvres whedoniennes toujours avant-gardistes. Dollhouse c'est la première série que la FOX ait renouvelé un vendredi soir en 10 ans. Il est tout aussi improbable qu'une série ait été renouvelée avec ces audiences. Sans compter que l'espoir d'un déclic du public pour la suite est très mince, ça n'a jamais été un hit show par essence. Ce qui a sauvé Dollhouse, entre autres (comptons aussi le fait que c'est une série maison en ces temps de crises, l'exemple de la revanche dvdesque de Firefly), ce sont les chiffres des autres modes de visionnage. Tivo, itunes, plateformes de streaming légal. C'est aussi une première fois. Ces chiffres n'avaient encore jamais été pris si sérieusement par une chaîne. Alors, dans une jolie coïncidence avec le symbole qu'un Dr Horrible gagnant d'Emmy award cette année, Dollhouse pourrait être le symbole des premiers pas d'une nouvelle ère de la télévision, une ère dépassant l'idée de support et de direct.

Mon avis sur les épisodes
1x00 - Echo: 5/5
1x01 - Ghost: 3/5
1x02 - Target: 3/5
1x03 - Stage Fright :3/5
1x04 - Gray Hour: 4/5
1x05 - True Believer: 4/5
1x06 - Man on the street: 5/5
1x07 - Echoes: 3/5
1x08 - Needs: 5/5
1x09 - Spy in the House of love: 5/5
1x10 - Haunted: 4/5
1x11 - Briar Rose: 5/5
1x12 - Omega: 4/5
1x13 - Epitaph One: 5/5
Deux épisodes n'ont pas été diffusé sur le FOX. Echo, le pilote original, plus ambitieux, plus travaillé mais peut-être trop complexe. Epitaph One, petit ovni télévisuel, petit chef d'oeuvre aussi.
Lectures anglophones sur cette saison 1 de Dollhouse:
le blog d'Alan: http://sepinwall.blogspot.com/
une intéressante lecture sur Epitaph One:http://explodingkinetoscope.blogspot.com/2009/09/active-engagement-dollhouse-113-epitaph.html
une critique amusante et pertinente: http://www.amazon.com/review/R15ACTW9GN049D/ref=cm_cr_rdp_perm
et bien sûr tous les sites plus connus, les billets de Maureen Ryan, etc...


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