jeudi 29 octobre 2009

Dollhouse - 2x02 - Instinct


Echo est envoyée pour jouer la maman (Mary Poppins et SuperNanny n'étaient pas dispos). Sauf que ce n'est pas un jeu...

Un bon épisode, la qualité des stand alones purs et durs a vraiment augmenté quand on la compare à celle des premiers épisodes. Et en soi je n'ai rien contre les stand-alones, donc je suis très satisfaite. A noter que cet épisode était sensé être le troisième originellement, et je pense que ceux qui en ont l'occasion devraient le voir en tant que 3e épisode, ça ne change pas grand chose, mais c'est un peu mieux.



Alors première chose, la lactation! Ca vous a choqué vous aussi? C'est fou quand même ce que Topher arrive à faire, et c'est de plus en plus inquiétant, et profane que je suis en science, j'adhère toujours aux petites explications. Ca ouvre plein de possibilités! Et en pensant à Epitaph One et ce que Topher va devenir, ça glace aussi le sang...

D'ailleurs, Topher était très en forme aujourd'hui niveau humour! Je dois dire que j'ai particulièrement aimé la première scène. Vous vous souvenez, Ballard est tout seul, il s'approche du fauteuil, il "tâte" le terrain, et Topher le surprend! Déja la scène est très bonne au début, parce que elle est spécifiquement faite pour nous montrer qu'on a raison de se dire "mais qu'est-ce que tu fais Ballard?!?" il est totalement perdu Paul!
Leur dynamique à tous les deux est très amusante! Je suis fan, encore plus drôle que celle entre Topher et Dominic!! "It's not a toy Ballard, leave the tech to the grown up" et aussi "I dont want to use the world genius, but I'd be ok if you want to!" et ma préférée Ballard: "I don't understand..." Topher: "But that's so cute that you're trying!" Encore une petite partie de dialogue de Topher qui m'a bien fait rire: Topher: "How do you feel about ventriloquism?" Madeline "Tempting but I'll have to pass" "It's a dying art" Apparemment l'humour Topherien ne passe pas avec tout le monde, mais avec moi il n'y a pas de problème. Enfin je me rend compte quand même que le timing comique de Fran Kranz n'est pas encore parfait et qu'on n'a pas forcément envie de rigoler avec un un geek amoral psychotique et doté d'un complexe de Dieu.

Revenons-en à nous moutons, ou plutôt nos dolls. Madeline, quel plaisir de la retrouver! yay Miracle Laurie! Enfin de la rencontrer car en fait, bah on ne la connaît pas vraiment. On l'a vue dans Needs et dans Omega mais c'est tout.
Alors vous avez compris quoi vous, quand elle parle de sa fille qui est morte et qu'elle n'est plus malheureuse à propos de ça? Ca m'étonnerait que ce soit quelque chose du genre "la peine s''atténue avec le temps" puisque pour elle aucun temps ne s'est passé. Alors ça nous donne deux possibilités. Soit Topher y est pour quelque chose (et c'était prévu dans le contrat, volontaire)...Soit pendant que Madeline n'était plus dans son corps, et que donc son corps a en quelque sorte vécu à sa place (ce qu'elle n'était plus en mesure de faire) cela a eu des espèces de conséquences thérapeutiques sur elle.... je sais pas...Je préfère la première solution, car la deuxième, je trouve ça un peu facile, et un argument trop favorable à l'enrôlement des dolls.

En tout cas ce qui était parfait c'était le lien thématique entre les intrigues. Avec les mères. Et le parallèle entre Madeline qui a oublié sa douleur, pas le souvenir de sa douleur mais le sentiment, l'émotion, et Echo qui au contraire ne peut oublier ce qu'elle ressent était très très touchant.
Mon moment préféré de l'épisode, c'était Echo à la fin. Magnifique dialogue, plein de doubles-sens, de questionnement...pfiou, j'en veux tous les jours de ça moi! Au petit dej, au déjeuner, au diner, si on pouvait se nourrir de mots ^^
En plus Eliza était très bien dans cet épisode, à part deux trois excès. La première scène où on voit Emily donner le sein était toute naturelle, la peur qu'on lui enlève son bébé était un peu moins bien vendue mais mon coeur s'est serré quand même donc on dira mission accomplie. Mais là où Eliza est le mieux, c'est en une Echo complètement perdue, qui aime son bébé, même si elle ne sait plus qui elle est et tout....la situation, l'émotion est d'une telle complexité, c'est ça qui rend la série si unique. Par contre, on passera sur les détails, à savoir comment Echo a retrouvé la maison où ce genre de chose alors qu'elle ne se souvient de rien.

Concernant cette scène de fin aussi. C'est moi ou vous avez aussi le sentiment que c'est une scène capitale pour la série? Parce qu'Echo passe définitivement du statut de victime (même si techniquement elle l'est encore) à celui d'héroïne. Elle fait délibérément le choix, très difficile selon moi, de rester éveillée. C'est l'un des premiers choix qu'elle fait vraiment alors c'est très significatif. Et cette scène me paraît aussi capitale pour la relation entre Echo et Ballard. J'ai l'impression que la scène en montre la beauté mais aussi les limites. On sent une relation spéciale, un lien qui se crée de manière plus saine que l'obsession pure et simple de Paul. C'est joli, et je commence à shipper le couple. Mais on sait depuis Epitaph One que le couple est sur la longue durée foutu...d'une manière ou d'une autre, et l'épisode en montre peut-être une raison...Paul dit à Echo "je sais que tu veux qu'on démolisse la Dollhouse"...et moi je me demande "vraiment"? Je crois pas que ce soit si simple que ça, et si c'est normal d'une certaine façon qu'elle veuille ça parce que ce sont quand même ses geoliers, qui en plus la font souffrir, Paul confond Echo et Caroline, encore une fois, parce que c'est le genre de truc qu'il faut dire à Caroline. Les souhaits, les désirs et les besoins d'Echo sont à la fois plus intimes, immédiats, personnels et plus compliqués que ça. La Dollhouse c'est quand même son foyer, là où elle est née, là où elle vit et où elle a le peu de repère que sa vie lui accorde. Elle est pas en mesure de vouloir détruire la Dollhouse je pense...Et son soucis principal est beaucoup plus intime que de détruire sa prison, ou se venger de ses geoliers, ou même comme Paul peut le penser, ramener la justice dans cet endroit. Echo veut se trouver, se comprendre, rester éveillée...Je sais pas, j'ai trouvé la phrase de Paul très hors de propos...

L'autre mère de l'épisode c'est Adelle. En quelque sorte. En tout cas de temps en temps elle doit se sentir comme une une espèce de mère distordue. Enfin c'est comme ça que je vois la dynamique d'Adelle et Madeline, c'est ce qui en ressort du côté d'Adelle. Ce qui est assez logique d'ailleurs, les patronnes de maison close ont souvent ce genre de relation ambigues avec leurs "filles". Parallèle intéressant encore. Oh et je trouve Adelle particulièrement en forme en ce début de saison, classe, sacarstique, tout bonnement excellente (et je me fais mieux à sa coupe de cheveux).

Sinon, la mission. Je me suis posé pas mal de questions. Déja, le pourquoi d'engager une doll? Le mec voulait quelqu'un qui aime son fils parce qu'il ne pouvait pas. Ok, ça passe, heureusement qu'Adelle le justifie bien (les premiers mois de la vie d'un enfant son primordiaux...). Mais c'est difficile à avaler.
Après l'autre question qui me vient à l'esprit c'est la durée de l'engagement...Pendant combien de temps? Des mois? Il accapare une doll et demie (Sierra, palme de l'inutile dans cet épisode, quel dommage) pendant des mois??? Financièrement c'est vivable pour lui? Et la Dollhouse ça l'intéresse? J'ai la consolation de me dire qu'avec les déboirs concernant Echo, une mission longue sans situations extrêmes ça leur conviendrait. Ca montre à quel point ils sont encore peu conscient de l'importance des émotions et des sentiments. La chose qui m'a le plus dérangé, c'est de savoir s'ils couchaient ensemble le père et Emily...grand dieu j'espère que non ça a l'air encore plus dégoutant et perturbant qu'une mission sexuelle classique.

Enfin, encore une fois, la mission a raté. En beauté en plus. Ca doit être dans la brochure de la Dollhouse maintenant, genre, "pour les plus fidèles clients, une doll est spécialement prévue pour rater les missions, imprévisibilité garantie". Je sais pas c'est quoi le pire, le fait que ce soit ridicule qu'aucune mission n'ait l'air de se dérouler comme prévu, ou que ce genre de slogan pourrait en fait attirer des foutus milliardaires. Creepy.
Mais d'une certaine manière je trouve ça fascinant. Premier point fascinant, comme le rappelle Adelle, Echo se croit la mère du petit Jack...donc elle ne lui ferait du mal pour rien au monde. Ca modifie un peu les enjeux de l'intrigue, il faut le dire. Deuxième chose, heureusement que c'est Echo peut-être finalement? Si une autre doll avait eu cette mission, l'instinc maternel aurait pu amené un incident aussi...et cette doll aurait même pas eu la petite dose de contrôle qu'Echo a, et ça aurait pu finir en bain de sang. Troisième point intéressant, c'est ça finalement qui a aidé le client, puisqu'il s'est rapproché de son fils comme jamais avant.
Et surtout, maintenant je le vis bien mieux cette histoire. Parce que la Dollhouse est bien plus un laboratoire pour Rossum qu'une entreprise à gros sous avec un standing à tenir. Dans cette optique, les incidents leur sont sûrement aussi utiles que les missions qui marchent bien, voire plus. Les dommages faits aux personnes ne sont que des dommages collatéraux sans importance à côté de leurs expérimentations (et la métaphore de la firme pharmaceutique n'a jamais été aussi forte!).

Concernant encore une fois la vie d'entreprise de la Dollhouse. Les clients viennent de leur propre initiative...Je m'inquiète beaucoup plus des "salariés" qui sont démarchés. On sait ici qu'Adelle est venue voir Madeline quand celle-ci était au plus bas...Après, ce n'est pas tout noir, mais c'est gris très très foncé cette histoire. C'est profiter de l'état de faiblesse de certains pour les diriger vers des décisions qui leur paraîtraint très douteuses dans leur état normal...

Une chose que j'ai adoré dans la mission, c'est l'idée de piège... C'est très oppressant. Sur une première surface, Emily n'a pas d'issue (quand ils viennent à la police etc...) mais encore plus en profondeur, Echo en a encore moins elle est encore plus piégée...Ca fait froid dans le dos, et c'est fascinant. Par exemple, quand elle pense être en danger, elle appelle son amie, qui n'est autre que Sierra qui se fait intercepter en chemin... On a l'impression que dès qu'elle ouvre une porte métaphoriquement parlant c'est pour se rendre compte que sa prison était contenue dans une autre prison... Et c'est exactement ça pour une doll. La prison du lieu-dollhouse, la prison de l'esprit...

Sinon, il est où Victor?

Et Alexis Denisof dans tout ça?....Perrin ne m'intéresse pas du tout pour l'instant. C'est beaucoup, beaucoup trop facile, toutes les informations que lui et sa femme ont leur tombent entre les mains sans qu'il lève le cul de son fauteuil. Et puis même j'aime pas leurs scènes, leur dynamique à tous les deux. Sauf que c'est Alexis et ça c'est toujours un plus...Mais les deux persos de Perrin et sa femme je les aime pas, et pas dans le sens "ouh ce sont de bons antagonistes..." donc j'attends de voir...après tout Paul est devenu très intéressant...

Petits détails:
- la nouvelle veste de Paul, vous aimez?
- le bébé, il était trognon, ^^
- Echo et la voiture, très drôle, mais comment elle a appris à conduire en deux minutes? Rassurant de voir que la sécurité est toujours au top!
- Adelle dit à Madeline qui a plein d'argent et ne travaille pas ni rien "do you know how many people would have killed for this freedom?". Ouais. On est au moins sûr d'une chose, November a tué un homme...peut-être même plus. Je veux pas être trop sarcastique Adelle, mais huh?
- le côté creepy de la fin était surjoué (les éclairs, le gros couteau...)

Le mot de la fin, drôle, effrayant, et tout le reste, à Topher:
"Ah! I had played myself"

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